Guide

Comment suivre La Bourse d'Alger

Cours, dividendes, actualités et les deux taux de change, sans fouiller dans les avis PDF.

Supposons que vous déteniez des actions Saidal, que vous envisagiez d'entrer sur une des banques, ou que vous vouliez simplement savoir ce que le marché a fait cette semaine. L'information est publique, mais dispersée : la bourse publie les cours sous forme d'avis séparés, le régulateur publie les annonces des sociétés de son côté, la banque centrale publie les taux de change sur son propre site. L'essentiel n'existe qu'en français, et certains avis sont des images scannées plutôt que du texte. Les grands fournisseurs de données couvrent à peine l'Algérie : les raccourcis habituels ne servent à rien.

Voici un guide pratique pour suivre ce marché correctement, et pour comprendre les quelques particularités locales qui, sinon, vous induiront en erreur.

Consulter un cours, et pourquoi rien ne bouge en séance

L'univers coté est réduit : dix sociétés, plus une cinquantaine d'obligations et de titres du Trésor, organisés par compartiment. Chaque valeur dispose d'un historique de cours depuis son introduction, avec les données qui exigent d'habitude la lecture d'une notice : capitalisation boursière, nombre d'actions, valeur nominale et flottant.

Une chose à comprendre avant d'interpréter quoi que ce soit : il s'agit d'un marché à fixing. Les ordres ne sont pas appariés en continu au fil de la journée comme sur Euronext. La bourse collecte les ordres pendant une fenêtre, puis fixe un seul cours pour toute la séance. Le cours de clôture quotidien d'une valeur est donc aussi son ouverture, son plus haut et son plus bas. Quand plusieurs sociétés apparaissent « inchangées », cela signifie que le cours d'équilibre unique de la séance s'est établi au même niveau, et non qu'elles ont stagné pendant des heures. Il n'y a pas de graphique intraday à chercher, parce qu'il n'y a pas d'intraday.

Lire le carnet d'ordres avant la séance

C'est l'habitude la plus utile à prendre, et celle que presque personne ne prend.

Comme la bourse collecte les ordres avant de fixer un cours, elle publie le carnet d'ordres en attente à l'avance. Vous voyez donc le déséquilibre avant que le prix n'existe : combien d'actions sont offertes face à combien sont demandées, combien d'acheteurs et de vendeurs distincts, et quelle valeur domine le carnet. Avant une séance récente, le carnet penchait à 97 % à la vente, six vendeurs contre deux acheteurs, une seule banque représentant plus de la moitié des offres. Cela vous indique l'orientation du marché, et les cours de clôture seuls ne le montreront jamais.

Suivre les dividendes, brut et net

Pour la plupart des détenteurs d'actions algériennes, le dividende est la raison d'être de l'investissement. Les rendements se situent récemment entre environ 7 et 8,5 %.

Deux éléments déterminent ce que vous touchez réellement. D'abord la fiscalité : les dividendes versés aux résidents supportent normalement une retenue de 10 % prélevée à la source, mais les sociétés récemment introduites bénéficient d'une exonération de cinq ans et versent donc en brut. Comparez toujours des montants nets plutôt que des montants affichés. Ensuite la date de détachement : ce jour-là, la bourse déduit le dividende du cours de référence et purge le carnet d'ordres central. Le cours baisse mécaniquement à peu près du montant versé, sans aucune vente. Si une valeur semble chuter sans raison, vérifiez si elle vient de se détacher de son dividende.

Suivre les annonces

Tout ce qui compte est annoncé par des avis officiels de la bourse et du régulateur : calendriers de dividendes, résolutions d'assemblées, nouvelles introductions, transferts de compartiment, modifications des règles de négociation.

Lisez-les sous forme de résumés plutôt que de documents bruts, et extrayez-en les dates dans un calendrier. Un avis dense portant calendrier des dividendes se résume à une ligne utile : trente-cinq dinars par action, paiement et détachement le 2 août. Les versements à venir, les assemblées, les dates de coupon et les introductions apparaissent alors dans une seule vue chronologique, au lieu d'être reconstitués depuis une pile de PDF.

Demandez toujours de quel taux il s'agit

Tout chiffre financier algérien exige une précision de change, car il existe deux taux.

Le taux officiel de référence est établi via la Banque d'Algérie et s'applique aux virements documentés, aux opérations de commerce extérieur et aux paiements par carte. Le taux parallèle, appelé localement le taux du square, correspond au marché informel de la rue et se situe généralement bien au-dessus. Récemment, l'euro valait environ 155 dinars au taux officiel et près de 278 au taux parallèle, soit un écart d'environ 80 %. Gardez-le en tête en lisant tout rendement en dinars : un rendement de 8 % est un rendement en dinars, et le taux que vous retenez pour penser le dinar change le sens de ce chiffre.

Ce qu'il faut garder en tête

Les cours reflètent la dernière séance et non une cotation en direct, parce que c'est ainsi que fonctionne ce marché. Les taux parallèles sont indicatifs : ce marché est informel et varie selon le lieu et l'heure. Les données de dividendes et de calendrier sont compilées à la main depuis des documents publiés, une entrée peut donc accuser un léger retard sur l'annonce.

Algierex est un produit indépendant, sans affiliation à la SGBV ni à la COSOB, et vous ne pouvez pas passer d'ordres depuis l'application. Pour cela, il vous faut un intermédiaire. Pour toute décision ayant un enjeu financier, vérifiez auprès de la publication officielle ou de votre intermédiaire.

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